22 AOÛT / D’AOST

date 22

ESTANC #5 : Morcens, Sabres

Adishatz ! Dejà, qu’èm au cincau jorn de la nosta virada a chancas capvath Gasconha. Au programme : le pays de Manciet, un atelier échasse-chant-Tariquet, de la petite pluie, des petits pins et un petit train.

IMG_0055

Hier soir à Morcenx, nous étions accueillis par les écoliers de la classe bilingue occitan-français. Après une nuit bien au chaud chez la famille Da Silva, on continue un bout de route ensemble. L’escorte morcenaise des Hontinas, avec Christel la maman, Florian son fiston, et Mathieu son jeune copain et fils de Bernadette. Tous trois nous tiennent bien belle compagnie pour la moitié du chemin. Qu’aprenem a nos preservar din, tà la seguida. Que cau seguir los conselhs deus chancaires experimentats : tau com Patrick B. de Sent Pèr de Lèren « quiòc que’vs cau estacar, mes, loish ! »… o enqüèra Alain D. dit « Pelò », de Lèren « Entrainament, entrainament… A la harnha qu’ac cau har ! » : harnhós e loish. Fòrt plan, qu’i èm. 

IMG_0094Finalement, nous n’irons pas à la réserve d’Arjusanx, les grues n’y sont pas paraît-il. On s’attaque à la lande, parfois décharnée, avec son sable gris/blanc/noir aux milles petits pins qui repoussent tant bien que mal, sur les dégâts des deux dernières tempêtes. Nahouns, Naou lagües, Piou… Ces vastes étendues et leurs toponymes, parcourus des yeux sur la carte IGN, enfin parcourus en chair et en os. Ces noms-là, sur des panneaux « accès pompiers », ont forcément du sens pour les gens d’ici, pour ceux qui les parcourent, les façonnent, les apprivoisent. Nous, nous ne faisons que passer…

IMG_0093

IMG_0061

Sur la route, un cycliste du pays morcenais nous trouve à son lieu de pause habituel. S’en suit une conversation tout en gascon, dialogue entre nos tournures béarnaises et son parler noir local. Per un còp, pas un mòt suu hèit que ne parlim pas lo medish « patoés ». Solide, estonat que’n èra, de ns’entener a parlar occitan, joens com èm. Aqueth encontre n’estó pas arren mei qu’un escambi agradiu, dab lo plaser et l’estrambòrd de devisar atau en camin pendent un gran moment.  

Premières gouttes de pluie du périple : tous aux abris. L’averse passe vite, on entend au loin le klaxon du train de Marquèze. Plus que quelques lignes droites sans fin, deux ou trois camions à la folle allure, et on y est. Le panneau « Sabres » approche, puis la gare de l’écomusée. Marc le directeur nous y accueille, on y retrouve aussi avec grand plaisir Yvan, et même nos hôtes de Sanguinet, les chanteurs du Vent de l’Estey. Le lieu est exceptionnel, comme une archive vivante à ciel ouvert, un grand espace de nature à remonter le temps, celui des Landes de Gascogne, comme une version couleur d’un cliché d’Arnaudin. Près de l’estanquet, on pose nos échasses, instruments, carnets de chants et tracts de la Chancada. Quelques chants plus tard, on retrouve même un groupe de jeunes rencontrés à l’écolieu Jeanot de Rion-des-Landes. Il faut croire que la vaste lande est petite…

IMG_0115

IMG_0141

Pas le temps de faire le tour de l’airial de Marquèze, après l’initiation échasses et quelques chants arrosés au Tariquet. L’avant-dernier train siffle son départ. Fanny prend quand même le temps d’aller voir les vieux métiers à tisser (et oui, elle est du métier, et de chez Moutet siouplét !).

IMG_0086

Ce soir, deux échassiers dacquois nous rejoignent, accompagnés de Tatie Jo, qui prendra le vélo. L’équipe « service minimum » s’étoffe : on sera donc cinq échassiers pour le trajet Sabres – Commensacq – Labouheyre… Sans parler des jeunes chancaires boeirins e boeirinas, qui nous rejoindront pour faire avec nous les 5 derniers kilomètres. (On a hâte de rencontrer Jade, jeune échassière, dont la maman Liliane nous a gentiment accueillis à l’écomusée). Reste encore à peaufiner le trajet : il paraît que la passerelle pour passer la grande leyre n’est plus fonctionnelle. Soit 4 km en plus. Ça tombe assez mal, c’est les fêtes de Sabres ce soir… Doman, que tornam préner lo trin de l’ecomusèu, tà seguir l’anciana via de camin de hèr.

Merci Marc e l’equipa de l’Ecomusèu, merci la familha Da Silva, merci Yvan e los de Sanguinet. Merci Bénédicte Boyrie-Fénié, peu tribalh sus la toponimia gascona, merci Manciet e Arnaudin.

logo-marqueze

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>