23 AOÛT / D’AOST

date 23

ESTANC #6 : Sabres, Labouheyre / La Boèira

Adishatz ! Sheisau bilhet tà la sheisau etapa, tostemps en la lanas. Au menu du jour : du sable en-veux-tu-en-voilà, la voie ferrée des résiniers, des invités surprise et tout plein de Boeirins chancaires pour faire route avec nous.

10h10, premier train de l’écomusée de Marquèze. Dans celui du samedi 23 août, le dernier wagon était occupé par sept échassiers et trois cyclistes de la Chancada. Un sacré équipage avec 2 copains dacquois (Aurore et Tristan), Tatie Jo en renfort cyclisme, et 3 jeunes hommes de l’Arribèra (Cyril, Patxi, Thibault) frais comme des gardons de l’étang de Moré. On descend du train, et on suit l’ancien tracé de la voie de chemin de fer, direction Labouheyre.

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Purmèr chepic : il faut passer la Grande Leyre, le cours d’eau qui nous sépare de Commensacq. Mais la passerelle que nous avions choisie n’est pas pratiquable, surtout pour nos vélos-remorques chargés comme une anisette peu diluée. On nous conseille un détour, qui rallonge le trajet de plusieurs kilomètres et d’une bonne heure de chemin sablonneux. Et les jeunes échassiers des Boerins Boeirinas qui nous attendent pour pique-niquer à Betot (prononcer « Beutout », ben oé, on est à Labouheyre !), et marcher à nos côtés jusqu’à la place du village… Hum hum, bon : « allô Cécile ? Oui, tu peux prévoir une booonne heure de retard »… Une fois passer la grande Leyre, on attaque la lande. Encore les ravages de Klaus, les chemins de sable, le crépin joli, la bruyère en fleur… Et les roues des remorques à vélo qui commencent à se voiler, à s’ensabler, et surtout à épuiser leurs cyclistes.

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On croise et recroise la voie ferrée désaffectée, celle qui s’arrête dans l’airial de Marquèze, et qui jadis continuait jusqu’à Bordeaux. Les deux rails, entre lesquels ont poussé les pins, persistent dans cette vaste étendue.

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Chemin de Bacqueserre, puis la départementale, le bourg de Commensacq… Puis le chemin de Capbat : Michel nous y attend, échassier des Bouheyrins Bouheyrines (Boeirins Boeirinas), nos hôtes pour cette soirée-étape à Labouheyre.

Vu le sol de sable gris, les deux journalistes de la télévision basque venus nous filmer, ne tentent même pas de nous suivre avec leur belle voiture blanche, de peur de s’ensabler. De loin, ils filment notre progression. Nos jambes de girafes, petites allumettes dans l’immensité du décor. Enfin, nous arrivons à Bedout. Dans un hangar, un semoir à 12 rangs, un tracteur surpuissant et des chancaires ébahis… Ici, on voit les choses en grand. Idem pour les systèmes d’arrosage, qui inondent aussi les chemins et aspergent les échassiers qui les empruntent.

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Qu’arribam dab quasi tres òras de retard. Lo monde que ns’atenevan sus la plaça que’s son despacientats, e que son tornats a casa bahida. Qu’ei de har dòu, d’aver perdut tan de temps… Reste un petit comité qui nous réserve néanmoins un accueil chaleureux sur la très grande place de la mairie.

De cette journée, il y a eu quelques histoires sorties de la grande Histoire : celle du train Sabres Mimizan emprunté par les résiniers, qui nous aurait emmenés jusqu’à Bordeaux… Il y a aussi d’histoire des Alsaciens : ils sont très nombreux ces jours-ci dans les villages de la haute lande, pour se remémorer l’exil de leurs grands-parents, et célébrer l’accueil des gascons lorsque l’Alsace était en zone occupée. En 1939, des centaines de villageois alsaciens ont été chargés en wagon à bestiaux, pour 4 jours de voyage, à destination de Labouheyre ou Commensacq. L’exil dura un an environ… Cet épisode historique est bien vivant dans les mémoires, et tous les cinq ans, une rencontre entre gascon et alsacien est organisée (repas, spectacles, visites).

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Puis on s’est aussi laissé raconter des histoires d’échassiers, des récits de bergers de la lande. Le groupe de folklore Bouheyrins Bouheyrines se déplacent et dansent sur des échasses très proches des modèles utilisés jadis par les facteurs, bergers, et autres hommes parcourant la haute lande. Un modèle est exposé à l’écomusée.

IMG_0283Commencée dans le train cahotant de Marquèze, la journée s’est terminée en musique (et belle musique!) avec les élèves du Conservatoire des Landes, pour un bal exquis, au pied du kiosque sur la place. Vielles, accordéons, violons, flûte et tambourin, chants… Des mélodies à danser, ponctuées de chant. Los joens que dançan, la serada qu’ei hòrt doça. Mercés a tots tà aqueths moments tan agradius.

Mercés a la familha Ibarrart, aus Boeirins & Boeirinas, mercés aus amics chancaires e bicicletaires d’estar vienuts dab nosauts, mercés aus aprenents deu Conservatòri de las Lanas tau bal, mercés aus amics de l’arribèra e deu Vent de l’Estèir d’estar vienuts saludar l’equipa. 

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